Méfiez-vous des ratons laveurs !
Le raton laveur est un petit mammifère originaire d’Amérique du Nord dont la taille adulte avoisine les 80 cm queue comprise. Le raton laveur s'est établi dans le sud de la Belgique dans les années 1980. S'il a une préférence pour les régions boisées et les abords des cours d'eau, il s'adapte aisément aux milieux plus urbanisés. Sans prédateur naturel, sa population croît sans contrainte et est estimée aujourd’hui à 75.000 individus en Wallonie. Il est considéré chez nous comme une espèce invasive et des mesures sont prises par la Région wallonne pour endiguer cette croissance. Charmeur et téméraire, l'animal s'invite dans les jardins et les maisons pour trouver de la nourriture. Il peut alors blesser les animaux domestiques et transmettre des maladies. Plusieurs ratons laveurs ont été observés récemment dans notre entité.
Pour la première fois en Belgique, des vers intestinaux de Baylisascaris procyonis ont été retrouvés chez plusieurs ratons laveurs. Il s’agit d’un parasite pouvant entraîner une infection rare chez l’homme, la baylisascariose. Cette maladie n’est pas mortelle pour le raton laveur, et se transmet, comme les autres maladies parasitaires, via les matières fécales de celui-ci. Les oeufs du parasite se retrouvent dans les déjections de l’animal, sur son pelage et dans son environnement direct.
Après ingestion par l'homme, les œufs éclosent en larves. Des symptômes non spécifiques tels qu'une fièvre, une léthargie et des nausées peuvent se développer dès une semaine après l'ingestion. Les larves traversent la paroi du tube digestif et sont susceptibles de migrer via les vaisseaux sanguins dans un grand nombre d’organes (foie, cœur, poumons, cerveau, yeux) entraînant un syndrome de ‘larva migrans viscérale’. Les anomalies neurologiques apparaissent généralement 2 à 4 semaines après l'ingestion d'un grand nombre d'œufs du parasite. Les larves situées dans le système nerveux central provoquent des réactions inflammatoires et des lésions tissulaires parfois irréversibles. Les infections humaines sont heureusement rares, mais peuvent se révéler très dangereuses.
Pour éviter de tomber malade, mieux vaut donc adopter quelques gestes simples. Il est recommandé de ne pas s'approcher (et encore moins de toucher) un raton laveur, de ne pas le nourrir, de fermer les bacs à sable quand ils ne sont pas utilisés, de surveiller les enfants pour que ceux-ci ne mettent pas de terre en bouche, de bien se laver les mains en particulier après des travaux agricoles ou de jardinage et de laver soigneusement fruits et légumes, surtout s'ils proviennent de zones accessibles aux ratons laveurs.
Nos amis canins doivent également garder leurs distances avec ces animaux sauvages car eux aussi peuvent se contaminer. Mieux vaut donc les tenir en laisse dans les milieux forestiers et les vermifuger régulièrement. N’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire.
Le SPW appelle donc à la vigilance face à cette nouvelle menace sanitaire. Les citoyens sont invités à suivre les recommandations émises pour limiter les risques de contamination. En cas de contact suspect ou de symptômes inhabituels, il est conseillé de consulter rapidement votre médecin car un traitement spécifique peut devoir être prescrit. La surveillance de la population de ratons laveurs porteurs des vers intestinaux responsables de la baylisascariose se poursuit en Wallonie pour évaluer l'évolution de la situation.